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Un nouveaux contrat du siècle en perspective en Europe ?

20/4/2008 -

Un nouveaux contrat du siècle en perspective en Europe ?

 

 

L'Europe en a déjà connu deux. Le premier est le contrat des F104G pour les pays nordiques de l'OTAN qui se sont équipé d'un avion mal adapté à son rôle d'intercepteur sous la pression américaine. C'est tellement vrai que cet avion était mal adapté qu'il détient toujours le record d'accident et de pilote tué. Il était, est surnomé le "faiseur de veuve". Le second contrat du siècle est la nouvelle compétition dans les années 70 pour que ces même pays nordiques remplacent leurs F104. Dassault proposé le mirage F1 faute d'avoir le mirage 2000 prêt. Les américains proposaient le F16 et ce dernier gagna. En volume ce fut une commande d'environ 500 appareils répartis entre le Danemark; la Belgique, Pays-Bas et Norvège. On peut douter que si le 2000 avait été prêt il aurait peut être lui aussi perdu la compétition. Après tout un avion français a beau être supérieur à son rival américain ou anglo-saxon cela ne lui donne même pas l'avantage. Pire, lors des évaluation l'US Air Force fait les pires pressions pour qu'on ne reconnaissent pas que son avion est battu sur le plan technique. Et à l'époque le mirage 2000 était supérieur au F16.

 

Le troisième contrat du siècle porte toujours sur une compétition pour remplacer la flotte de ces mêmes pays nordiques et les collaétéraux qui ont aussi adopté le F16 en Europe dans les mêmes conditions de compétition (Pologne, Turquie,...). Mais la compétition pourrait sembler plus ouverte. Le Rafale français se dispute la place de l'offre européenne avec l'Eurofighter du consortium anglo-italo-germano-espagnol et le Grippen suédois. Face à ces offres européennes on a le "nouveau F16" ou JSF. Enfin, cet avion étasunien se voulait le  nouveau F16 mais il coûte plus cher que le Rafale (120 millions d'€ le Rafale) et bientôt aussi cher qu'un Eurofighter (146 millions d'€ l'avion).
Néanmoins aujourd'hui la compétition semble plus ouverte parce que les Etats-Uni ont eu beau jeu d'intégrer ces pays nordiques à leur programme industrielle pour produire le JSF, les déboires du programme n'en finissent pas de faire augmenter le prix de l'avion jusquà atteindre 130 millions de dollar officiellement. L'avion n'est toujours pas en production et il est très rationel de prévoir de nouvelles hausses. Ce ras-le-bol face à un tel raté alors que la communication corruption US tournait à plein pour faire croire que le JSF était le programme parfait à beaucoup déçu. On commence sérieusement à envisager de ne pas se doter de l'avion de Washingtown malgré tout les liens politiques. L'Eurofighter subit lui aussi une avarie sur son parcours, la corruption dont a usé l'Angleterre pour le placé en Arabie Saoudite a soulevé l'opinion publique dans le nord de l'Europe. Eh oui, le nord de l'Europe est très à cheval sur les histoires de corruptions contrairement à d'autres pays qu'on ne nommera pas. Le Rafale joue donc un remake du contrat du siècle de la fin des années 70. Après la bataille qui se joue au Maroc et qui a montré toute les faiblesses des ventes d'armes françaises il serait temps que nos belle élites se remuent et saisissent la chance d'un coup d'éclat de la même ampleur que le contrat remporté par EADS aux Etat-Unis. 

 

Voici un interessant article de dedefensa.org sur ce possible nouveau contrat du siècle :

 

La question de la commande de JSF par la Norvège est un débat extrêmement délicat qui a largement touché les milieux politiques et n’est plus cantonné au seul domaine militaire. C’est une source parlementaire norvégienne consultée à Bruxelles qui donne ces indications, en insistant sur deux points.

• Aujourd’hui, les partisans norvégiens du JSF sont sur la défensive, ou pire encore, «en pleine retraite». Les déboires du programme US font de son soutien une cause très impopulaire à Oslo. C'est une situation inédite, en complet contraste avec le climat qui a régné durant les premières années de la campagne de promotion du JSF, et qui a en général toujours régné en Norvège pour les commandes de matériels militaires allant le plus souvent vers un choix US.

• Un facteur qui contribue également à l’impopularité du programme JSF est, par assimilation, le scandale BAE/Yamamah, qui a un très fort écho en Norvège. Les questions de probité, la lutte anti-corruption, etc., ont une très grande importance dans le monde politique nordique. Le scandale contribue à une perte de crédit du monde anglo-saxon, notamment dans le domaine de l’armement, et cela se répercute au niveau du JSF.

Il s’agit d’éléments d’une grande importance, dans la mesure où les matériels US (anglo-saxons), et notamment le JSF, se sont toujours imposés d’abord par l’influence américaniste et anglo-saxonne. Le confinement de ces choix pro-US aux milieux militaires étaient également un facteur important, permettant un relais efficace de cette influence américaniste. C’est également une caractéristique de la situation danoise, si proche de la situation norvégienne, où la question d’une éventuelle commande du JSF est sortie du domaine militaire et touche désormais les milieux politiques, subissant un discrédit équivalent.

La source parlementaire norvégienne insiste sur le fait que l’appel du gouvernement norvégien à Eurofighter pour qu’il revienne dans la compétition (où le JSF est actuellement opposé au seul Gripen) est basé sur une approche extrêmement impartiale des conditions de la compétition. Il ne s’agit pas d’un faire-valoir pour permettre l’apparence d’une compétition rendant le choix du JSF plus “vertueux”. Il est d'ailleurs de plus en plus douteux que le JSF doive être choisi par les Norvégiens, et ce n'est certainement plus l'orientation quasi-automatique qu'on prédisait ces dernières années.

(Le paradoxe dans ce cas est que l’offre Eurofighter, effective jusqu’en décembre 2007 avant son retrait de la compétition, porte sur l’avion Typhoon qui est un des éléments du scandale BAE puisque le TyphoonTyphoon qui est un programme en coopération à quatre. Pour les pays nordiques, l’offre Eurofighter est essentiellement allemande et implique essentiellement EADS.) est notamment produit par BAE. Mais dans le cas norvégien, – et danois, – l’offre Eurofighter est portée à 100% par les Allemands, également fabricants du

Il faut noter que la même logique qui concerne Eurofighter, concerne également les Français pour le Rafale. S’il existe un mouvement vraiment sérieux de repli des pays européens impliqués du choix JSF, il apparaît évident que tous les compétiteurs européens doivent revenir dans la compétition.

 

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