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Les Patriotes

4/5/2008 -

Su-34 : un nouvel avion pour une nouvelle doctrine aérienne, par red-stars.org

 


Le programme d’armement 2015, approuvé en 2006, prévoit le rééquipement des forces armées russes avec de nouveaux matériels. Le chasseur-bombardier Su-34 Fullback, qui remplacera les Su-24 Fencer, en fait partie. Le remplacement a commencé mais il prend trop de temps selon certains.

Le nouveau chasseur-bombardier est réputé pour être un excellent appareil. Version améliorée du Su-27 Flanker, il dispose d’équipements à la pointe de la technologie, y compris en matière d’avionique et de systèmes d’autoprotection. Le Su-34 est destiné à l’attaque air-sol sur le champ de bataille comme derrière les lignes ennemies. Il peut aussi être utilisé comme appareil de reconnaissance et d’attaque de cibles navales.

Le Su-34 remplacera les chasseurs-bombardiers Su-24M (environ 400 en service) ainsi que les avions de reconnaissance Su-24MR (plus de 100) et MiG-25RB (environ 70). En 10 à 15 ans, la Russie devrait donc produire entre 550 et 600 Su-34 pour les remplacer. Mais le Ministère de la défense n’envisage l’achat que de 58 Su-34 d’ici 2015 et un total de 300 d’ici 2022. Beaucoup d’experts estiment que si les Su-24 et MiG-25RB sont retirés du service d’ici 2020, la Russie sera dépourvue de chasseurs-bombardiers et d’appareils de reconnaissance. D’autres expliquent que ce nombre suffira dans la nouvelle doctrine des forces aériennes.

Ce concept se focalise sur les caractéristiques et performances opérationnelles du Su-34 comme son long rayon d’action, sa capacité à être ravitaillé en vol (y compris par d’autres Su-34 équipés de bidons supplémentaiores) et sa cabine confortable pour que l’équipage puisse effectuer des missions longue distance dans de bonnes conditions. Les Su-34 peuvent aussi voler sans être accompagné d’appareils de guerre électronique car il est équipé de tels systèmes. Le Su-34 est ce que l’on appelle un avion de combat polyvalent. Les régiments aériens équipés de Su-34 peuvent les utiliser pour bombarder une base terroriste en Asie centrale un jour, attaquer une base de missiles en Europe le lendemain et venir en soutien d’un groupe naval russe dans l’Océan indien trois jours plus tard en partant de sa base aérienne en Russie. Le Su-34 peut en outre voler à très basse altitude, il est très bien protégé et dispose d’armements de précision à longue portée. Ce qui devrait limiter les pertes au combat. Un petit nombre d’appareils permet enfin d’entrainer leurs équipages à la perfection.

Ce n’est pas un nouvelle doctrine. Les unités d’élite disposant des meilleurs avions et des meilleurs équipages ont formé le coeur de l’Armée de l’air allemande durant la deuxième guerre mondiale. La Marine impériale japonaise avait un concept similaire. Cependant, de telles unités d’élite peuvent être rapidement éliminées par des vagues d’avions ordinaires dans une guerre mondiale d’attrition comme la deuxième guerre mondiale.

De ce point de vue, la nouvelle doctrine russe semble vulnérable. Mais la Russie dispose de la triade nucléaire pour les guerres mondiales. Dans une guerre d’attrition, le nombre d’avions de combat performants dont disposerait la Russie importe peu : ce qui importera sera le nombre de bombes nucléaires qui pourront être lancées sur l’ennemi. Cependant, dans la cas d’un conflit local impliquant un ou deux adversaires ou encore un enchainement de conflits locaux, la possession de tels appareils rapides, bien armés et très protégés, peut se réveler être un facteur décisif. Même 58 Su-34 utilisés au bon moment et au bon endroit représentent une force puissante. Une force de 200 à 300 appareils de ce type, répartis en plusieurs unités sur chaque point clé du champn de bataille, sera capable de remplir les missions les plus complexes.

Hormis le Su-34, la force aérienne russe va également recevoir d’autres nouveaux appareils dont les caractéristiques techniques lui permettront de maintenir son potentiel opérationnel au meilleur niveau. De nouvelles unités créées pour effectuer des tâches spécifiques regrouperont des chasseurs, des bombardiers, des AWACS, des ravitailleurs et des drones. Ce seront des unités très mobiles dont les appareils pourront être rapidement déployés. La nouvelle doctrine russe n’est en effet pas sans rappeler celle des forces expéditionnaires américaines qui sont un instrument flexible et puissant capable de mener des attaques en n’importe quel lieu sur terre. Quant aux appareils de reconnaissance, les pays industrialisés vont les remplacer par des drones (UAV). Le monde change et le nouveau monde amène de nouveaux types de conflits...

 

Source : red-stars.org 

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4/5/2008 -

Des MiG au sein de l’OTAN : entre réalité et solidarité, par red-stars.org

 

Un événement solennel et significatif a eu lieu le dernier jour de février à la base aérienne slovaque de Sliac. Une douzaine de chasseurs russes MiG-29AS (monoplaces) et MiG-29UBS (avions biplaces de combat et d’entraînement) ont été rendus à l’armée de l’air slovaque après avoir été profondément modernisés dans l’entreprise locale Letecke Opravovne Trencin (LOTN) sous la direction et avec la participation active des spécialistes moscovites du constructeur aéronautique russe RSK MiG. Ces avions performants ont été réceptionnés par le ministre slovaque de la Défense Jaroslav Baska et le général Lubomir Bulik, chef d’état-major général des forces armées slovaques. Ces deniers, de même que les pilotes des forces aériennes slovaques, ont été entièrement satisfaits du travail accompli. Ils ont assisté au vol de quelques avions qui ont su révéler d’excellentes qualités tactiques malgré des conditions météorologiques défavorables et un ciel couvert.

Il n’y aurait probablement aucun besoin de s’étendre sur cet épisode, s’il n’y avait tout de même un détail substantiel. La Slovaquie est membre de l’OTAN et la modernisation officielle d’avions de combat russes pour un pays membre de l’Alliance de l’Atlantique Nord sous la direction et avec la participation d’ingénieurs et de constructeurs russes a eu lieu pour la première fois dans l’histoire des rapports Russie-OTAN, ce qui est, sinon sensationnel, au moins, un événement qui sort de l’ordinaire. L’OTAN, organisation militaro-politique, n’aime pas particulièrement, pour ne pas dire plus, le matériel de guerre russe et recommande à ses nouveaux membres d’Europe de l’Est d’y renoncer le plus rapidement possible en le remplaçant par du matériel américain, français ou encore suédois, plus habituel pour Bruxelles, surtout quand il est question d’aviation. On peut dire que la Slovaquie a violé cette "tradition". Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons à cela. Premièrement, il s’agit de matériel bon marché. Un MiG-29 neuf coûte environ 25 à 30 millions de dollars, alors que le F-16 américain d’occasion que les Etats-Unis fournissent à la Pologne coûte 40 à 50 millions de dollars. La modernisation du MiG revient quant à elle entre 5 et 7 millions de dollars, en fonction du volume et de la complexité des travaux. D’ailleurs, concernant la Slovaquie, elle a été effectuée pour le compte du remboursement de la dette de la Russie. 74,2 millions de dollars ont ainsi été remboursés. C’est là un prix avantageux. Qui plus est, les performances combatives des appareils modernisés ont été considérablement améliorées et le délai de service garanti des avions a été prolongé de 20 à 30 ans. A présent, les MiG-29AS et les MiG-29UBS peuvent voler dans le ciel slovaque et partout où cela sera nécessaire pour le gouvernement de Bratislava jusqu’en 2030-2035 : 4.000 heures de vol sans réparations sérieuses. Mais il y a également d’autres raisons pour lesquelles la Slovaquie a préféré la modernisation à l’achat de nouveaux avions.

Les spécialistes de RSK MiG ont proposé à leurs partenaires slovaques des travaux de modernisation d’une excellente qualité et un lot d’appareillages radioélectroniques de bord assurant leur compatibilité totale avec les systèmes de navigation de l’OTAN.

Les MiG slovaques modernisés sont dotés de systèmes et d’appareils fabriqués par des firmes occidentales de tout premier plan et d’appareillages de fabrication purement russe : par exemple, un ordinateur de bord BCVM MVK-03, un indicateur plurifonctionnel couleur (MFI), un système d’enregistrement vidéo et d’autres équipements, dont l’énumération n’intéresse certainement que les spécialistes.

En principe, on peut comprendre la nécessité d’avoir un ordinateur russe à bord d’un chasseur otanien. Les MiG slovaques emploieront des missiles et des bombes de fabrication russe. Les forces aériennes slovaques disposent de stocks suffisamment importants, mais il est assez difficile d’assurer la compatibilité entre les systèmes de commande occidentaux et les armes russes. Par ailleurs, ce n’est pas nécessaire, s’il est possible d’utiliser des schémas efficaces éprouvés. Il en est autrement pour une pièce aussi sensible et délicate que le répondeur d’identification ami/ennemi. Les systèmes de reconnaissance de l’OTAN et de la Russie sont différents, c’est pourquoi il a fallu installer ces appareils à bord du MiG-29 modernisé de façon à ce que les spécialistes russes ne puissent pas avoir accès aux codes secrets de l’Alliance.

Aussi étrange que cela puisse paraître, les secrets otaniens sont restés intacts. Les appareils de reconnaissance fabriqués aux Etats-Unis (le même système est installé sur les F-16 américains qui volent en Europe, ainsi que sur d’autres avions de combat de firmes occidentales) ont été facilement installés à bord du MiG-29 modernisé et les spécialistes de l’OTAN qui ont assisté au montage ont souligné qu’aucune fuite d’information concernant le système de reconnaissance adopté par l’Alliance n’avait eu lieu. Qui plus est, le système d’identification du MiG-29AS est entièrement automatisé, il reconnaît lui-même l’avion ennemi ou ami. En ce qui concerne le MiG-29UBS, il ne pourra recevoir que des informations provenant d’un radar terrestre, car il n’est doté que d’un appareil pouvant répondre à une demande émise par un autre avion ou au sol.

En faisant abstraction des MiG slovaques, il convient de constater que les spécialistes russes peuvent assurer une compatibilité totale, sans enfreindre la confidentialité otanienne, avec les exigences du système de reconnaissance adopté dans l’OTAN. En Grèce, pays qui fait partie de l’Alliance depuis longtemps, tout le système de DCA, à commencer par les systèmes portables de missiles Igla jusqu’aux systèmes de missiles de courte, moyenne et longue portées Tor-M1, Buk-M2 et S-300PMU1 "Favorit", est constitué de missiles russes, mais leur système automatique de reconnaissance comporte des codes de l’Alliance de l’Atlantique Nord. Il est intégré dans le matériel de guerre russe sans le moindre risque de voir les secrets militaires sensibles être dévoilés. C’est un argument de plus contre les hommes politiques et les généraux de Bruxelles et de Washington qui avancent toutes sortes de prétextes, et le plus souvent, l’incompatibilité technique et technologique, pour empêcher les livraisons de matériel de guerre russe en Occident. Il est parfaitement clair qu’il ne s’agit pas de barrières techniques, qui n’existent pas, mais d’un désir de promouvoir les intérêts économiques et financiers des firmes d’armements occidentales. Et dans ce contexte, les intérêts économiques et financiers de certains "petits" pays sont souvent négligés.

L’exemple du retour des MiG russes modernisés dans les forces armées de la Slovaquie, en d’autres termes, la percée des MiG-29 dans l’une des armées de l’OTAN, montre qu’il n’y a pas de règles sans exception. Les intérêts nationaux de certains pays de l’OTAN peuvent parfois être supérieurs à la "solidarité euro-atlantique" imposée, selon laquelle tous les membres de l’Alliance doivent exécuter sans objection n’importe quel ordre de Bruxelles ou de Washington. D’autre part, il s’agit de la démonstration des possibilités du complexe militaro-industriel russe qui peut assez facilement s’intégrer, du point de vue technique et technologique, dans des structures productives et militaires européennes à condition que certains Etats européens fassent preuve de volonté politique.

Les chasseurs MiG-29 équipent toujours certaines armées de pays de l’OTAN, comme la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne. Faire un choix entre la qualité et l’efficacité de leur modernisation, le tout pour des dépenses presque insignifiantes, et l’utilité politique est un réel problème qui se pose aux gouvernements de ces pays.

 

Source : http://red-stars.org/spip.php?article241 

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2/5/2008 -

Pour une dissuasion nucléaire franco-britannique

 

 

La dissuasion nucléaire comme indiqué plus haut est maintenu. Il faut rappeler qu'à la fin de la guerre froide la dissuasion nucléaire française était assuré par six SNLE classe Le Redoutable. Le mur étant tombé il a été possible d' alléger le dispositif, d'une part pour raison financière et d'autre part cela a sûrement été permis par la disponibilité élevé des nouveaux SNLE, les Triomphant.

Néanmoins il serait trop facile de s'arrêter là. Que l'on veuille ou non dans les capitales européennes de l' Union, la construction européenne a influé sur les doctrines britanniques et françaises concernant leur flotte de SNLE. Imaginez-vous voir Athènes, Berlin, Oslo ou Lisbonne se faire rayer de la carte par une attaque nucléaire sans que Londres ou Paris riposte ? Sans aller jusqu' a une attaque d'une capitale européenne (peu probable depuis 1989 mais la menace se redessine en Inde, Chine, Iran) imaginez vous que la France et la Grande Bretagne ne ferait pas savoir à un éventuel agresseur qu'elles considèrent le territoire de l' UE comme leur intérêt vital ? Non bien sûr que non. Et c'est de ce constat que se dessine une réforme nécessaire des deux forces de dissuasion.

Ce qui devrait motiver cette réforme c'est les crédits budgétaires. C'est classique comme motivation mais là... Il faut savoir que en France la dissuasion nucléaire c'est... 30% du budget de la défense chaque année ! Et en Angleterre le remplacement de la flotte de SNLE est estimé à plus de 30 milliard de livres sterlling (35 milliard d' euro)!

La réforme en question c'est bien sûr une dissuasion nucléaire océanique franco-anglaise. Si nos deux pays veulent retrouver leur marge de manoeuvre financière c'est l'un des meilleurs moyens. On pourrait profiter du programme britannique de renouvellement pour s'y associer et concevoir de nouveaux sous-marins, la France apportant en plus ses missiles ballistiques M51 tout récemment développé. Il serait simple de s'inspirer de la construction de SNA aux USA qui est répartit entre deux chantiers. Et en plus, on pourrait en profiter pour réduire le format des deux forces de 8 à 6 ou 4 SNLE.

Est-ce impossible ? L'une des difficultés avancés est que la France et le Royaume-Uni n'ont pas la même définition d'intérêt vital. Cela serait alimenté par l'exemple des Malouines où les anglais auraient voulu user de l' arme atomique pour garder l' îles. La France se serait opposé à ce choix, quoi de plus surprenant au passage, mais la France n'a jamais été confronté à ce choix. De plus il serait surprenant qu'une telle réforme découlant de la logique de la construction européenne, de la solidarité européenne capote pour un problème littéraire. Il faut être sérieux, après un demi siècle d' ère atomique l'on doit bien être capable de contourner ce genre de pseudo obstacle.

Les étasuniens pourrait, de façon paradoxale ou volontaire, favoriser ce rapprochement. C'est un détails technique qui a une importance considérable. Les anglais sont en train de concevoir leurs nouveaux sous-marins, enfin ils sont au stade des études préalables, et l'une des questions essentielles pour un SNLE c'est la taille des missiles à acceuillir... Tandis que les anglais partaient sur une hypothèse de missile de 50 tonnes environ, les américains, leur fournisseur de missile, envisagerait de s' équiper de missile de 90 tonnes. Ah c'est difficile. Il faut choisir et on n'agrandit pas le puit des missiles d'un SNLE. Par contre les français ont des missiles de 50 tonnes... Les principales difficultés seraient en premier lieu la volonté politique, le choix d'une base et la gestion de la formation des équipages.

Est-ce d' actualité ?

Le chef de l' Etat a prononcé un discours à Cherbourg pour le lancement du Terrible et vous aurez sûrement noté qu'il a évoqué de discuter de parler de la place de la dissuasion nucléaire française pour la sécurité des membres de l' UE. Cela s'inscrit dans des propositions déjà avancer, maladroitement, envers les allemands pour qu'en somme... ils financent en partie notre flotte de SNLE.


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